L'art d'écrire des livres n'existe pas encore mais il est sur le point d'être inventé. -- Pierre Michon

Michael Jackson est mort

J’entends bien tout ce qui n’était pas clair chez lui, toutes les choses immondes dont il était soupçonné, à défaut d’avoir jamais été condamné. J’entends bien ses parts d’ombre, touchant au plus sacré. Pourtant je suis touché, presque intimement.

Lorsqu’hier soir les premières informations nous parviennent, c’est d’abords l’incrédulité qui domine. On le savait fragile, mais comment imaginer qu’il puisse disparaître, comment bêtement imaginer un monde sans Michael Jackson ?
Depuis tout gamin j’entends sa voix, j’écoute sa musique, je vais à ses concerts, j’achète ses disques. Sans être un fan hystérique, “The King of Pop” fait partie de ma vie.

Depuis ce matin, la nouvelle est encore plus dure à assimiler. Cette fois c’est certains, il ne reviendra pas. Ni pour amuser la galerie par des extravagance pathétiques, ni pour soulever les foules, ni pour exécuter des pas de “moonwalk”, ni pour sortir de nouveaux albums. Michael Jackson est mort et cette sensation est détestable. Il était un homme perdu, certainement trop enfermé dans une bulle unique de la gloire ultime, aux comportements troubles, mais il a été tellement plus qu’un homme.

Il y a eu Elvis, les Beatles et lui. Son héritage au monde la musique est inestimable, tous ceux qui font aujourd’hui partie de cet univers savent ce qu’ils lui doivent, les portes qu’il a ouverte. Ses 750 millions de disques vendus (albums + singles) suffisent à placer l’artiste au dessus de l’imaginable, même si bien entendu quantité ne fait pas qualité. Les 10 millions d’albums vendus d’Invincible, son dernier opus indigent, le prouvent. Mais il y a tout le reste. Les Jackson 5, Off the wall, Thriller, Bad, Dangerous (mon préféré), HIStory et Blood on the dancefloor, un album largement sous estimé.

Sa place dans l’Histoire de la musique est assurée, dans celle du showbusiness aussi. Pour le reste, je ne sais pas ce qu’il adviendra de son âme, mais bon sang ce qu’il me manquera !

Barack Obama à Strasbourg

Depuis son élection Barack Obama déchaîne les foules. Epié, suivi, adoré, au charisme de rock star, le nouveau Président américain pourrait bien marcher sur l’eau que cela n’étonnerait - presque - personne. Lire la suite »

Alain Bashung est parti

Bashung

Il laisse un trou béant. Dans nos coeurs, dans la musique française, dans la Culture.
Quel sale coup…

Violences quotidiennes des temps modernes

En Allemagne, dans la ville de Winnenden, un adolescent de 17 ans a fait une descente dans son lycée pour y abattre, au hasard, 12 personnes, puis 3 autres durant sa course-poursuite avec la police, avant, comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation, de retourner l’arme contre lui.

Tim Kretschmer, c’est son nom, ne présentait évidemment aucun signe pouvant permettre d’envisager un tel acte. Issu d’une famille aisée et amatrice d’armes à feu qu’elle détenait en nombre, le jeune homme était isolé dans son établissement. Moqué pour ses faibles résultats, sans ami, que s’est-il passé dans la tête de ce gamin pour qu’il passe de la dépression à la haine, à la tuerie aveugle et froide. Il n’avait aucune cible en tête, juste le désir de meurtre.

Angela Maerkle, à la suite de cette tragédie, a déclaré un jour de deuil national.

En France, dans la ville de Gagny, des jeunes ont fait irruptions dans un lycée armés de couteux, marteaux et barres de fer, pour une banale lutte de territoire. 12 élèves ont été blessés durant cette expédition punitive. Ce matin, des membres de la police parlaient de remake de la “guerre des boutons” mais avec des couteux. Un incident bien banal finalement, si ce n’est que dans le “bon vieux temps”, ces batailles n’impliquaient pas d’armes aussi dangereuses.

Avec la société qui évolue, ce sont aussi les méthodes qui changent, les mentalités.

Nicolas Sarkozy, à la suite de cet incident, a demandé à son Ministre de l’Intérieur de lui présenter un plan de lutte contre les bandes violentes.

Les deux évènements sont incomparables. Ils nous parlent juste d’une jeunesse qui se perd, des oubliés, des marginaux, d’une violence quotidienne qui s’amplifie, de responsables politique toujours à l’affût d’une nouvelle annonce.
Ils nous parlent d’une société qui va mal, pas forcément plus mal qu’à l’époque du “bon vieux temps” mais qui ne va certainement pas mieux, et c’est tout le problème.

Après les coups, quel avenir ?

“Je suis content de ne pas rentrer à la maison”.
C’est par ces mots que Dylan, 7 ans, a “accueilli” l’arrestation de ses parents qui le séquestraient dans sa chambre depuis de nombreuses années. Battu et isolé du monde.

Le père a été inculpé pour violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans et la mère pour non-empêchement du délit. Aucun n’a nié les faits, justifiant leurs actes par la supposé difficulté que représentait Dylan. N’ayant jamais été scolarisé, l’enfant a été décrit par le procureur comme “très affaibli physiquement, manifestement intelligent mais sans aucune éducation”. Pouvait-il en être autrement ?

L’enquête devra définir le rôle de l’assistance sociale, dont on pointe déjà du doigt la responsabilité. Mais aussi celle des grands parents, qui accusent aujourd’hui leurs enfants, mais dont on ne sait pas quel était le réel degré d’ignorance et/ou d’aveuglement, plus ou moins volontaire.

Eh puis il y a Dylan. Sept années passées en enfer, sans aucun repère normal de construction, dépourvu d’amour paternel, d’amour tout court. Placé en famille d’accueil, quelles sont les chances pour qu’il parvienne à trouver un équilibre ?
Les coups qu’il a reçu, toutes les violences qu’il a subi, de quel homme est-ce cela accouchera ?